Pratique
Le Son de lecture

Le Son de lecture

Guide pratique de lecture à voix haute
Le premier guide pratique pour apprendre à lire à voix haute
Le Son de lecture

Le Son de lecture

Guide pratique de lecture à voix haute
Jean-Paul Carminati & Bernhard Engel

PRÉFACE PAR THIBAULT DE MONTALEMBERT,

Ancien pensionnaire de la Comédie-Française, comédien et metteur en scène de théâtre,
acteur de cinéma et de télévision, lecteur à voix haute.

« DANS LA LECTURE, ON EST PLUS PROCHE DU METTEUR EN SCÈNE QUE DE L’ACTEUR »
Je me suis mis à faire de la lecture à voix haute à quinzeans pour mon frère qui était devenu aveugle. Au début, c’était pour partager quelque chose avec lui, mais très vite, j’y ai pris goût et c’est désormais une vraie passion.
Peu de gens lisaient autrefois. On ne lisait pas pour soi, on lisait pour – avec – les autres. Dans une famille, à la veillée le soir, il y avait celui qui savait lire et qui lisait la gazette ou la Bible. La lecture à voix haute était un moment en commun.
Lire à voix haute aujourd’hui est une manière de recréer du lien social : on lit à un groupe de gens qui écoutent, qui en parleront ensuite, échangeront dessus. J’enregistre également beaucoup de livres audio. C’est aussi une façon de renouer avec la lecture que d’en écouter.

Mon frère Hugues a perdu la vue lors d’une agression à l’acide à New York quand il avait 33 ans. J’en avais 15 à l’époque. Jusque-là, il avait à mes yeux une vie « de rêve » : il a vécu aux États-Unis, puis en Asie et ensuite en Afrique.
Il revenait tous les deux ou trois ans en France. Mais trois ans, c’est énorme pour un enfant ! Quand on passe de 7 ans à 10 ans, de 12 ans à 15 ans, le temps compte double, voire triple… C’était une espèce de héros pour moi, même si je le connaissais peu finalement.
Par la suite, il est devenu écrivain. C’est mon frère, mais c’est avant tout mon ami.
Tous les livres audio que je fais, il les écoute. Je lui ai fait la lecture plusieurs années, avant de devenir comédien et d’avoir moins de temps. On a lu pas mal de bouquins d’Henry de Monfreid ensemble, Les Secrets de la mer Rouge, La Croisière du haschich... Il connaissait toute la région par coeur, c’était passionnant. La lecture pour lui devenait alors une matière à enseignement pour moi. Je me souviens également d’expéditions au Musée de l’Homme. Il cherchait des vieux bouquins écrits par des ethnologues ou par des missionnaires sur le Dahomey, sur les rites vaudous, pour le livre qu’il projetait d’écrire à ce propos. On allait dans la bibliothèque et il me demandait de lui lire des textes. C’était comme de faire un voyage avec lui. Les mots nous emmenaient ailleurs. Je lui faisais aussi des enregistrements qu’il réécoutait plus tard.
Pour resituer un peu le contexte de mon enfance, il faut dire qu’il n’y avait ni télévision ni internet et que je suis le dernier d’une fratrie de sept. Ma mère m’a eu à 46 ans. Je n’ai quasiment pas vécu avec mes frères et soeurs, car il y a dix ans d’écart entre l’avant-dernier et moi. Je me réfugiais dans les livres. Je lisais énormément, c’était mon espace de liberté. Donc lire à voix haute pour mon frère Hugues, constituait le prolongement d’une passion qui me possédait déjà. La lecture était centrale dans ma vie. La lecture et le rêve de devenir acteur.
Il y a une base commune entre le fait de jouer et le fait de lire à voix haute, dans le sens où ce sont l’imaginaire, la pensée, qui sont premiers. Si on ne voit pas ce qu’on lit, la personne à qui on lit n’entend pas – ne comprend pas – ce qu’on lui raconte, ça ne marche pas. De même, si, intérieurement, je ne vois pas ce que je joue, alors le public n’entend pas ce que je lui raconte.
Dans les deux cas, il faut entrer le texte dans le corps.
Faire cet exercice qui consiste à manger, mâcher le texte, physiquement. Puis il va ensuite falloir sortir, dire le texte.
Le corps devient alors un instrument. Le lieu où les mots résonnent. Si en plus on met de l’imaginaire, quelque chose se passe entre le lecteur et l’auditeur. Quand on joue, non seulement on fait vibrer ce corps, mais en plus, on le fait bouger, on entre en interaction avec d’autres – car le théâtre se joue à plusieurs, sauf dans un monologue.

Ce qui différencie ces deux exercices, c’est l’incarnation.
Quand on interprète un rôle, un personnage, c’est une manière d’interroger sa propre humanité. Ce caractère nous donne d’abord des informations sur nous-même. Ces informations sont partagées avec les spectateurs. Quand on joue Tartuffe, on n’est pas Tartuffe, quand on joue Don Juan, on n’est pas Don Juan. Mais il y a en chaque acteur interprétant l’un de ces personnages archétypaux quelque chose à quoi il peut s’identifier, sans quoi il ne pourrait pas l’incarner.
Dans la lecture, le lecteur fait passer la musique de l’auteur avant toute chose. Il prend en charge l’univers de l’auteur dans sa totalité. De ce point de vue, il est plus proche d’un metteur en scène dont le travail devrait être en priorité d’apporterune lecture personnelle de l’oeuvre qu’il va représenter, selon sa sensibilité. Exactement comme l’interprétation des Variations Goldberg par Scott Ross n’est pas la même que celle de Glenn Gould. Certains lecteurs se retrouvent plus dans des auteurs et dans des textes qui résonnent pour eux plus que d’autres.
Moby Dick est un de mes romans fétiches ; je rêve de l’enregistrer, d’en faire un livre audio et je caresse même l’idée de l’amener sur scène. C’est un livre que je connais bien.
Je le lisais à mon frère avec qui je partage l’émerveillement qu’il suscite à chaque fois. J’ai finalement pu en faire une lecture partielle à la Maison de la Poésie en 20192. C’était difficile d’en réaliser un montage, car c’est un livre énorme.
Comment arriver à donner l’esprit, la saveur de ce livre en vingt minutes ? J’ai choisi le passage où Achab convoque tout l’équipage et lui explique qu’il cherche une seule chose,
la baleine blanche. Il sort un doublon d’or qu’il fait clouer sur le mât, en disant « le premier qui la verra, ce sera à lui ». Il le persuade, il fait presque une cérémonie vaudou pour embarquer son équipage. Ce que je voulais aussi faire entendre aux gens, sur un texte pareil où il y a justement
du souffle (comme pour Victor Hugo), c’était la montée tout d’un coup dans le texte, comment la folie prend de plus en plus d’ampleur, de plus en plus de volume. C’était aussi pour donner en vingt minutes un aperçu de ce que ça pouvait être de faire une lecture sans jouer. Je me rappelle, je transpirais, j’étais dans une lecture très physique. À un moment de la lecture, on est obligé de rentrer dans le vif.
Toute ma pratique de la lecture à voix haute est le fruit d’une recherche, d’un apprentissage, d’un travail constant et méticuleux. Le Son de Lecture en explique les tenants et aboutissants avec autant de passion que de clarté afin de faire de toute lecture une réussite.

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ISBN : 9782491241438
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ISBN : 9782491241445
Publié le 8 octobre 2020 - 176 pages - 130 x 200 mm
Partenariat : préface de Thibaut de Montalembert

Dans ce premier guide pratique de lecture à voix haute, les auteurs prennent le lecteur par la main pour l’emmener dans les coulisses de cet art singulier qui ne s’improvise pas. Comme le souligne le comédien Thibault de Montalembert dans sa préface, interpréter un texte revient à faire passer la musique de l’auteur avant toute chose, un travail plus proche du metteur en scène que de l’acteur.

Vous saurez tout des pièges à éviter pour une lecture en public, des passages qui se prêtent le plus à la lecture à voix haute selon les genres littéraires et redécouvrirez Flaubert, Proust, Diderot, Baudelaire et bien d’autres sous un nouveau jour.

Doté d’explications imagées et d’exercices amusants, ce livre offre une merveilleuse plongée dans les textes des grands auteurs.

 


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Les citations : 

"Qu’est-ce qu’un bon texte ? Impossible de répondre à cette question, mais un critère possible est sa faculté à passer l’épreuve de la lecture à voix haute (en revanche, un lecteur talentueux peut donner l’impression qu’un texte médiocre est bon). Instinctivement, en écrivant, je recherche une espèce de qualité oratoire.

Mais la lecture à voix haute, ça ne s’improvise pas.

(...) Le Son de lecture n’est pas seulement un livre pratique, un livre bien fait, pédagogique, c’est aussi un livre réjouissant."

Pierre Jourde, écrivain, sur BibliObs

"Un livre qui donne de la voix !" Le Canard enchaîné 

"Les Livreurs animent depuis quinze ans en Sorbonne des ateliers de lecture à voix haute. J'ai vu les progrès des étudiants. Le Son de lecture réunit en un livre tous leurs conseils pratiques pour bien réussir sa lecture en public."
Yann Migoubert, directeur du service culturel, Faculté des Lettres de Sorbonne Université

"Transmettre sa passion pour la littérature en lisant aux autres un extrait comme on fait entendre un morceau de musique que l’on aime, voilà une merveilleuse intention qui me touche particulièrement. Mais, pas si simple de lire en donnant aux mots l’intonation juste qui mettra en lumière les sentiments, les dialogues, le rythme... Ce guide montre que lire à haute voix, effectivement, ne s’improvise pas, que c’est un art, un art qui exige une maîtrise. Et ce manuel pratique, accessible et illustré en donne les clés. Relevant le défi d’expliquer clairement par écrit un art vocal « le son de lecture » prouve que la lecture à haute voix est à enseigner sans conteste pour donner la parole aux livres et à l’écrit."
Dominique Vannier, directrice des ressources humaines chez ASB

La lecture à voix haute à l’honneur dans Télérama
22 janvier 2021

La lecture à voix haute à l'honneur dans Télérama

Mis en ligne le 22 janvier, un long article :

Les lectures à voix haute, un “art vivant” de nouveau à la page

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Le Son de lecture dans Le Canard Enchaîné
Publié le 9 novembre 2020

Le Son de lecture dans Le Canard Enchaîné

Le palmipède est sensible à la lecture à voix haute et estime que ce livre "donne de la voix".

On n'aurait pu dire mieux !

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Pierre Jourde donne ses impressions sur ’Le Son de lecture’
7 octobre 2020

Pierre Jourde donne ses impressions sur "Le Son de lecture"

"Le Son de lecture n’est pas seulement un livre pratique, un livre bien fait, pédagogique, c’est aussi un livre réjouissant."  écrit Pierre Jourde sur BibliObs.

"Qu’est-ce qu’un bon texte ? Impossible de répondre à cette question, mais un critère possible est sa faculté à passer l’épreuve de la lecture à voix haute (en revanche, un lecteur talentueux peut donner l’impression qu’un texte médiocre est bon). Instinctivement, en écrivant, je recherche une espèce de qualité oratoire."

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Festival Bibliothèques Idéales ● Strasbourg
Publié le 1 septembre 2020

Festival Bibliothèques Idéales ● Strasbourg

Les Bibliothèques idéales, c’est le moment où, à Strasbourg, du 3 au 13 septembre, les médiathèques du réseau sortent de leurs murs et vont à votre rencontre et questionnent votre bibliothèque idéale. Programmation exigeante, alliant rencontres, débats, masterclasses, exercices d’admirations, cabaret littéraire, chansons, films, romans graphiques et alsatiques.

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