Zeinab Badawi dans la Revue 21

Publié le 28 août 2026

« Il n'existe pas de récit africain cohérent et partagé »

Dans le cadre d'une interview menée par Iris Lambert, Zeinab Badawi examine les effets de « l'effacement des perspectives africaines ». 

Retrouver l'interview en intégralité dans le numéro 74 de la revue disponible en kiosque ou en ligne ici (lien payant) : Zeinab Badawi : « Il n’existe toujours pas de récit historique africain cohérent et partagé »

« Le débat sur l'esclavage a longtemps été maîtrisé par la diaspora africaine nord-américaine. C'est devenu le récit dominant, en grande partie parce qu'il s'agit de la diaspora la plus riche et la plus visible. »

« Ce qui me frappe, c'est que les spécialistes africains eux-mêmes [...] ont longtemps été tenus à l'écart du récit de leur propre histoire. [...] Cela montre à quel point l'effacement des perspectives africaines a été profond et durable, combien l'héritage colonial continue de peser aujourd'hui. »

« Qu'entend-t-on exactement par "Africain" ? On voit bien qu'il s'agit d'une représentation figée. Quand on dit "Africain", une image précise s'impose le plus souvent : quelqu'un de noir, aux cheveux crépus, avec des traits identifiés comme "typiques". Mais il faut absolument dépasser cette vision réductrice. Les populations ont circulé, migré, se sont mélangées au fil des siècles. [...] Il n'existe pas un seul visage de l'Afrique. » 

« Pourquoi les forts de la traite esclavagiste, qui sont nombreux le long de la côte atlantique, s'effondrent-ils sous nos yeux impassibles, victimes du changement climatique, battus par l'océan ? Pourquoi n'y a-t-il pas de véritable mobilisation de la diaspora africaine pour dire : c'est d'ici que nos ancêtres ont été déportés, et nous voulons préserver ces lieux ? »