Rémy Knafou dans le 28 minutes d'Arte

Publié le 27 août 2026

Invité dans l'émission du 26 août, "Les parcs d'attraction, nouveau terrain de jeu de la bataille des récits ?", Rémy Knafou a apporté son éclairage sur les enjeux et les conséquences du projet de parc d'attraction dédié à Dragon Ball et financé par l’Arabie saoudite en France.

✔  « Avec ce projet qui met en valeur le soft power saoudien et aussi le soft power japonais avec les mangas, on déroge à l'idée transpartisane de l'exception culturelle française. [...] Il y a un porte-à-faux évident. Ceci relève bien de ce que j'ai appelé l'hypertourisme, c'est-à-dire le système touristique mondialisé, qui est un système extrêmement efficace dans son fonctionnement mais qui ne se préoccupe en rien des retombées en termes environnementaux et d'appropriation des biens publics.  »

✔  « Les étrangers qui viennent en France, c'est pour retrouver toute une série de spécificités qu'ils prêtent à la France : le luxe, les grands paysages, la gastronomie, etc. Là on est dans autre chose. C'est une autre manière de s'insérer dans la mondialisation qui nous est proposée et qui est une manière plutôt subie que choisie. »

✔  « Lorsque Disneyland a ouvert, les usines Renault de Boulogne-Billancourt venaient juste de fermer : c'était un passage de témoin. Aujourd'hui, on se lamente beaucoup sur le reflux de l'industrialisation française ; c'est ce passage de témoin à l'économie des services et là on franchit une étape de plus. »

✔  « Je trouve qu'il y a un vrai problème dans la vulnérabilité ou la dépendance que cela contribue à accentuer vis-à-vis des marchés extérieurs parce que l'histoire récente du tourisme, en particulier celle du covid, a montré notre fragilité. La prochaine pandémie arrivera et on sait qu'elle est déjà presque programmée : les virus circulent dans les avions que nous prenons et qui sont de plus en plus nombreux. La guerre en Iran nous montre aussi une fragilité géopolitique qui a quand même perturbé notamment les transports aériens dans le monde et les approvisionnements en kérosène. Donc, plus nous rentrons dans une logique de ce type et moins nous préparons l'avenir à long terme. »

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